Le nouveau débat constitutionnel en France
La proposition du président de la république française, M. Nicolas SARKOZY d’introduire dans le projet de changement constitutionnel un préambule
pour garantir « l’égalité Hommes-Femmes et assurer le respect de la diversité » suscite un débat dans le landernau politique.
Selon un sondage du journal « le Parisien », 89 % des sondés approuvent cette proposition. Est-ce à dire que les esprits ont enfin évolué pour
accepter cette évidence ?
Les discriminations perdurent dans toutes les sphères de la vie sociale, que ce soit par rapport au travail, au logement ou aux études mais
surtout en politique. Marie GOUZE alias Olympe de Gouges, s’écria il y a plus de deux siècles : « Nous les femmes avons droit à l’échafaud, nous devons avoir droit à la tribune ». Il a fallu
attendre la loi de juin 2000 pour imposer la parité Hommes-Femmes sur les listes électorales et les élections législatives de juin 2007 pour voir cette loi traduite tant bien que
mal en acte concret. Entre temps, les partis politiques avaient toutes tendances confondues, préféré payer des pénalités à coup de millions. Est-ce dû à des pesanteurs culturelles « machistes »
ou simplement à un misonéisme latent ?
Curieusement, on retrouve les mêmes comportements en ce qui concerne l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, les employeurs préférant
dans leur grande majorité assumer des pénalités financières au lieu de respecter la loi de juillet 1987. Tout ceci nous permettra de douter du respect de la diversité si ce fait n’est pas acté
dans la loi.
Il n’y a pas de raison que la France adule des acteurs, des sportifs, des musiciens, des humoristes, français issus de la diversité et en même
temps refuse d’ouvrir le marché du travail, les institutions politiques aux talents, aux compétences de cette diversité.
D’aucun préconise des quotas pour trancher le débat. Cet argument est défendable si l’on considère qu’il faut toujours « se compter en nombre
pour compter ». Mais n’y aurait-il pas un effet pervers qui consisterait à stigmatiser la diversité et à dévaluer la reconnaissance de sa valeur pour la faire passer pour une faveur ? Une sorte
d’ersatz de magnanimité ?
C’est du droit à l’équité dont il faut parler, là où le droit à l’égalité devient insuffisant.
En outre, le respect de la diversité ne devrait pas servir d’alibi pour opposer les uns contre les autres (français d’origine maghrébine contre
ceux d’origine africaine ou de l’outre mer, parité contre diversité,…) surtout en politique, le haut lieu de gestion de la laïcité.
Les conséquences d’une telle manipulation consisteraient à créer des ghettos cognitifs cosmetico-communautaires qui
utiliseraient leur énergie à une émulation factice et stérile entre eux au lieu de mutualiser leurs actions pour réaliser cet impératif du vivre ensemble. Je citerai ici
l’exemple d’un parti politique qui pour contourner les revendications de français originaires d’Afrique noire voulant s’inscrire comme candidats sur les listes municipales au nom
de la diversité, inscrivit des français d’origine magrébine qui n’avaient rien demandé à leur place, en arguant avoir sa propre conception de la laïcité.
Ces comportements relevant d’un pharisaïsme primaire confinant une frange de la population de français à part entière en sous catégorie de
français entièrement à part.
Acter le respect de la diversité est un impératif louable mais encore faudrait-il donner une lisibilité aux moyens de coercition pour faire
appliquer cette injonction. La HALDE, c’est bien mais l’exemple visible doit venir de ceux qui font les lois, les élus politiques qui doivent être à l’image de la France,
métissée, fière de sa diversité, de son humanisme, de ses lumières, de sa richesse culturelle.
Cette réflexion constitutionnelle doit intégrer des juristes issus de la diversité car comme le dit un proverbe togolais : «
quand le mouton est présent, personne ne pourra bêler aussi bien que lui »
Recherchons l’impossible pour atteindre l’excellence. Moi, je dis oui à ce projet de changement constitutionnel qui sera un préalable à l’efficience de nos actions pour
continuer ensemble à faire de la France le pays de l’égalité et de la fraternité.
Koffi jean A. ADOLEHOUME
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