Lundi 3 mars 2008
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Vous n’avez pas été élu pour porter des jugements de valeurs sur nos croyances ou convictions, et faire état des vôtres. Vous êtes seulement le garant, au nom de tous les citoyens, du respect de
la laïcité. La spiritualité n’est pas le propre des croyants en Dieu, ainsi que l’enseigne, par exemple, le Bouddhisme qui ne se réclame d’aucune divinité. Et la laïcité est trop précieuse pour
être confisquée par des antireligieux fanatiques.
Il n’est pas juste de dire que l’engagement religieux serait supérieur à l’engagement laïc. Si les églises se sont vidées, les vocations raréfiées et que les heures de catéchisme sont devenues
peu attractives, ce n’est pas de la faute des instituteurs. A l’église de faire la critique de ses propres échecs. Pour le reste : laissons à chacun sa conscience.
Si les religions du Livre, pour ne parler que de celles-ci, avaient fait la preuve, depuis plus de cinquante ans, de leur supériorité pacifique en Israël ou au Liban,
par exemple, nous le saurions. C’est Teilhard de Chardin, ce jésuite peu en cour au Vatican, mais qui avait su intégrer la science à sa foi, qui se plaisait à dire que l’homme était, dans son
effort d’humanisation, « la pointe avancée de l’univers ». Une aventure où nous avons tous notre part, que l’on croie au ciel ou pas.
Quant à la laïcité, si elle se doit de veiller à la juste représentation des implantations religieuses dans notre pays, en conformité avec leur importance numérique et
nos lois, elle est surtout le terrain des échanges sans barrière et de la cohésion sociale.
Mais de grâce, monsieur le Président, ne confondons pas tout. Ouvrir l’esprit des élèves sur les différentes formes de spiritualité et de religion n’est pas peser sur
leur conscience et leur choix personnel. Et si des moments forts de la mémoire collective, comme celui de la Shoah, contre toutes les formes de racisme et de génocide doivent être entretenus,
qu’ils le soient en toute justice, sans exclusive. Mais attention à la manipulation des enfants, au point de leur demander de prendre en charge les âmes mortes des crématoires nazis.
Paris, le 16 février 08
Jacques-Adrien Perret, proviseur retraité de l’enseignement technique
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