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Forums de la rénovation et de la refondation

Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 12:01

Mardi soir, les trois commissions chargées de préparer les forums de la rénovation se sont réunies pour la première fois à Solférino. La commission à laquelle, avec George, je participe, « les socialistes et la Nation », est présidée par Jean-Jacques Urvoas, les rapporteurs étant Delphine Batho et Razzye Hammadi, absent ce soir là. Première impression, peu d’inscrits avaient fait le déplacement, ce qui est au fond un grand classique dans ce type d’instances, où chacun veut y être et une fois nommé, n’y vient pas ou peu, ou arrive en retard ou part en avance. La rénovation serait, de ce point de vue, de respecter les engagements que l’on prend.  On peut toujours rêver ! Le calendrier place les travaux de notre commission sous contrainte, puisque nous essuierons les plâtres en organisant le premier forum le 24 novembre en Avignon. Jean-Jacques Urvoas a indiqué tout à la fois le scepticisme de quelques premiers fédéraux contactés et aussi l’envie des fédérations d’engager le débat au fond. L’objectif de nos travaux est de définir des convergences et de pointer nos divergences qui seront tranchées au congrès. Passées ces questions de méthode, le débat s’est engagé et avouons qu’il a été de qualité, stimulant et opérationnel. Christian Paul a indiqué que nous devrions appuyer là où cela ait mal. Les échanges ont de ce point de vue rempli l’objectif.

Pour ce qui me concerne, j’ai d’abord indiqué mon désaccord avec l’idée selon laquelle Nicolas Sarkozy et la droite avaient fait de la Nation un cadre protecteur. Il s’agit de mon point de vue d’une mystification, car si effectivement, la Nation est citée dans bien des discours, elle est en fait congédiée au profit d’un alignement idéologique et économique qui instruit le démantèlement du cadre national et social. Ensuite, j’ai indiqué que je ne pensais pas que les socialistes avaient un problème avec la Nation. D’une certaine manière, la question pour la gauche est réglée depuis le discours de Léon Jouhaux sur la tombe de Jaurès, le 4 août 1914 qui signe le ralliement de la classe ouvrière à la Nation et à la patrie, dans sa version y compris la plus radicale, puisque ce sera la guerre. J’ai pour ma part indiqué que nous devions relever deux défis, celui du conceptualisme, à savoir, les grandes envolées où sur les références, les concepts, nous pourrions être d’accord, mais qui ne déboucherait sur rien de concret ; et le défi de l’empirisme, où toutes nos valeurs, nos concepts sont laminés à l’aune de la pratique. Ainsi, un élu peut nous dire qu’il est bien d’accord avec ce que l’on dit sur la laïcité mais que « tu comprends mon petit gars, dans ma commune, j’ai 17 nationalités, alors il faut bien faire avec.. ». C’est ce type de grand écart qui nous rend illisible et inaudible. Trois questions peuvent être abordées, celle de la souveraineté, sur laquelle je ne suis pas revenu, l’intervention de Philippe Darriulat ayant rappelé l’essentiel. En revanche, j’ai insisté sur la question de la citoyenneté effective. C’est quoi être citoyen français ? Sur ce point, je considère que les français peuvent avoir une difficulté avec l’idée de Nation, telle que nous l’entendons à gauche, à savoir, le contenu républicain, puisque si sur les frontons des mairies et dans nos textes, nous affichons de grandes valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, la réalité de la vie quotidienne montre un écart palpable, notamment pour les couches populaires, qu’il s’agisse de l’égalité d’accès aux soins, à la culture, aux transports, au logement, au savoir... C’est donc la question du contenu et des politiques qu’il faut interroger et réhabiliter. Dans ce cadre, la question de la laïcité montre que nous souffrons de confusion, puisque l’on confond laïcité et oeucuménisme. La laïcité, ce n’est pas la cohabitation des religions entre elles, mais la construction d’un espace public. Enfin, j’ai aussi rappelé, et la campagne dans le 20ème en a fourni si j’ose dire un bon exemple, que le plafond de verre de la représentation pesait sur notre approche de la France qui est depuis des siècles métissée, pétrie de mélange. Ainsi, des français de longue date sont renvoyés, comme le disait Victorin Lurel dans sa très belle intervention à la Convention Nationale en juillet 2006, à leur couleur. Enfin, question provocatrice, avons-nous des ennemis, bref, quel regard portons-nous sur l’étranger ? A ce titre, j’ai cité ce très beau texte de la constitution de l’an 1, article 4 : « tout homme né et domicilié en France, âgé de 21 ans accomplis ; tout étranger âgé de 21 ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année, y vite de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits de citoyen français» qui montre à l’heure où le Parlement débat des tests ADN, le chemin perdu sur la conception élective de la Nation.

Au terme de notre discussion, nous avons décidé d’envoyer un canevas pour le débat aux fédérations autour de 4 thèmes que nous allons approfondir à chaque séance : l’altérité et la question de l’étranger dans la Nation ; la citoyenneté ; la souveraineté ; l’internationalisme. Mardi prochain, dans le cadre du débat sur l’altérité et la question de l’étranger, nous auditionnerons quelqu’un que nous connaissons bien dans le 20ème, Malik Salmekour, Vice-Président de la LDH. A suivre.

 

 

 

Pascal Joseph

Par Pascal Joseph - Publié dans : Forums de la rénovation et de la refondation
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 15:13
George Pau-Langevin et Pascal Joseph participeront ce soir au lancement des forums de la rénovation et notamment celui consacré aux socialistes et la nation. Notons qu'une troisième camarade du 20ème y participe, Danielle Simonnet. Nous donnons ci-après le texte de la circulaire avec la composition des 3 commissions et le calendrier du processus de rénovation du PS lancé en juin dernier par le Conseil national.
La résolution présentée par François Hollande, adoptée par le Conseil national du 23 juin 2007, fixe trois objectifs pour la rénovation du PS :
 
1.         Réaffirmer les valeurs fondatrices de l’engagement socialiste et aller le plus loin possible dans l’actualisation de nos objectifs, de nos concepts, de nos analyses, de nos orientations afin de jeter les premières bases de la refondation idéologique et programmatique dont la gauche du XXI siècle a besoin, condition nécessaire d’une reconquête politique durable.
2.         Rénover nos procédures et revoir notre organisation afin de nous doter d’un instrument politique moderne et offensif en phase avec notre temps, ce qui suppose de simplifier notre fonctionnement, de redéfinir nos règles de délibération, nos processus de décision, les modalités de notre vie collective, pour donner de la force à notre vision de la société, de l’enthousiasme à notre engagement militant, de l’attractivité et de l’efficacité à notre mouvement.
3.         Engager le dialogue et la confrontation avec les associations, les syndicats, les autres formations progressistes, les citoyens pour tracer les nouvelles frontières de la gauche et construire un rassemblement majoritaire et cohérent  capable de porter ensemble demain, dans la durée, un projet offensif et crédible de transformation sociale.
I -    PRESENTATION GENERALE DE LA DEMARCHE
La Charte de la rénovation adoptée lors du Bureau National du 24 juillet précise les thèmes et l’intitulé des trois forums nationaux organisés dans le cadre du processus de rénovation, la nature et le rôle des commissions qui animeront les débats et l’élaboration collective. Chacune de ces commissions sera dotée d’un Président ou d’une présidente et de deux rapporteurs.
Le texte du Bureau national précise également que plusieurs forums thématiques seront programmés entre le 13 septembre et le 12 décembre, et que la délégation socialiste au Parlement européen est chargée d’organiser des rencontres avec nos partenaires européens.
 
1.         LES FORUMS NATIONAUX
è    Forum 1 : Les socialistes et la nation : Citoyens dans la France du XXI éme siècle : construire un nouvel esprit public, définir de nouveaux droits et de nouveaux devoirs, approfondir la démocratie
Président : Jean-Jacques URVOAS
Rapporteurs : Delphine BATHO, Razzye HAMMADI
Membres de la commission : Caroline Werkoff, Bruno Le Roux, Clotilde Valter, Yannick Trigance, Vincent Feltesse, Claire Leflécher, Bernard Roman, Henri Weber, Jérôme Guedj, Faouzi Lamdaoui, Akli Mellouli, Mehdi Ouraoui, Patrick Bloche, Catherine Joly, Emmanuel Lacresse, Manuel Valls, Christian Paul, George Pau-Langevin, Philippe Darriulat, Olivier Dussopt, Pascal Joseph, Adeline Hazan, Yves Durand, Mickaël Moglia, Sandrine Mazetier, Annick Lepetit, Patricia Schillinger, Catherine Tasca, Caroline Tahar, Joël Carreiras, Claude Roiron, Danielle Simonnet, Marie-Noëlle Lienemann, Hicham Affane.
Les conclusions de ce premier forum interviendront le 24 novembre à Avignon dans le Vaucluse dans le cadre d’une co-organisation entre les départements du Gard et du Vaucluse.
è     Forum 2 : Les socialistes et le marché : Quels modèles de croissance et de redistribution juste et durable aujourd’hui ? Une stratégie économique nationale et européenne offensive pour un socialisme moderne
Présidente : Anne HIDALGO
Rapporteurs : Guillaume BACHELAY et Harlem DESIR
Membres de la commission : Laurent Baumel, Marylise Lebranchu, Aurélie Filippetti, Sibeth N’Diaye, Liem Hoang Ngoc, Harlem Désir, Jean-Louis Bianco, Pervenche Berès, Béatrice Marre, Pierre-Yves Le Borgn’, Pierre-Alain Muet, Didier Migaud, Pierre Moscovici, Stéphane Pocrain, Bernard Pignerol, Malek Boutih, François Marc, Karine Berger, Guillaume Balas, Arnaud Montebourg, Francis Chouat, Seybah Dagoma, Bernard Soulage, Stéphane Delpeyrat, Pascal Cherki, Charles Fiterman, Marianne Louis, Pascale Le Néouannic, Catherine Trautmann, Gaétan Gorce, Nicole Bricq.
 
Les conclusions de ce second forum interviendront le 15 décembre à Paris à La Villette en même temps que la convention nationale de ratification des premiers des socialistes dans les villes de plus de 20 000 habitants.
è     Forum 3 : Les socialistes et l’individu : Refonder les solidarités, lutter contre les inégalités, émanciper les individus : Vers un nouveau contrat social
Président : André VALLINI
Rapporteurs : Najat VALLAUD BELKACEM, Mireille LE CORRE
Membres de la commission : Lucile Schmid, Régis Juanico, Elisabeth Guigou, Laurence Rossignol, Luc Broussy, Hervé Baro, Fany Bullaert, Marc Deluzet, Françoise Geng, Alain Vidalies, Marie-Françoise Pérol-Dumont, Olivier Faure, Elisabeth Auerbacher, Dominique Méda, Pascal Terrasse, Michel Yahiel, Frédéric Cuvillier, Marisol Touraine, Thierry Repentin, Bariza Khiari, Barbara Romagnan, Gilles Bon-Maury, Alain Bergounioux, Thierry Mandon, Jean-Pierre Caffet, Dominique Bertinotti, Vincent Léna, Mao Peninou, Jacques Généreux, Stéphane Travert, Olivier Ferrand, Pascale Boistard.
Les conclusions de ce troisième forum interviendront le 20 janvier à Paris à La Mutualité en même temps que la journée des secrétaires de section
2.         LES COMMISSIONS DE LA RENOVATION
a.      Les objectifs
Les commissions en charge de l’organisation des 3 forums, auront, sous la responsabilité de leur président(e), en liaison avec les rapporteurs afférents à chacune des commissions nationales et le CESC le double objectif d’animer le débat autour de chacun des forums et d’élaborer des contributions autour des trois axes suivants :
-          L’analyse de la situation actuelle
-          Les perspectives pour les 5 à 10 ans à venir
-          La définition des points de convergence politique au sein du PS et des points de divergence devant être tranchés à l’occasion du prochain congrès.
b.      L’organisation du travail
À l’issue de la première réunion de chacune des trois commissions, une note de cadrage sera adressée aux fédérations portant sur chacun des thèmes traités dans le cadre des forums.
Chaque commission, sous la responsabilité de son président(e), répondraaux demandes de déplacements des fédérations.
3.    LES FORUMS THEMATIQUES
Les forums thématiques sont d’ores et déjà organisés sous la direction d’Alain BERGOUNIOUX et d’Henri WEBER.
Ceux-ci ont pour objectifs de permettre la confrontation avec des intellectuels sur les questions abordées dans les trois grands forums. Les conclusions de ces débats alimenteront la réflexion des trois commissions.
Ces forums thématiques sont retransmis intégralement sur le site du PS (en différé). Des synthèses des différents forums thématiques seront disponibles sur le site du Parti et transmises aux fédérations. Des CD pourront être adressés à leur demande aux fédérations. L’objectif étant que ce support serve de base aux débats qui s’engageront dans les fédérations sur les différents sujets en lien avec les forums de la rénovation.
Enfin, une possibilité de discussion en ligne sur les thèmes abordés dans le cadre des forums thématiques sera offerte aux militant(e)s qui le souhaitent sur le site du Parti (www.parti-socialiste.fr - espace « forums de la rénovation »).
4.         LES INITIATIVES DE LA DELEGATION SOCIALISTE FRANÇAISE AU PARLEMENT EUROPEEN 
Par ailleurs, la délégation socialiste française au Parlement européen présidée par Bernard POIGNANT est chargée d’organiser des rencontres avec nos partenaires européens. Cinq déplacements sont prévus : en Suède, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne et en Espagne. Ces déplacements donneront lieu à des rapports qui préciseront la vision de nos partis frères sur les trois grandes questions que nous abordons (Nation, marché et individu).
II-                  AU NIVEAU DES FEDERATIONS
1.         ORGANISATION DES TRAVAUX DES FEDERATIONS
Chaque fédération est invitée à organiser une réunion de son conseil fédéral pour mettre en place des commissions fédérales de la rénovation à l’image de celles qui sont constituées au niveau national.
Il est vivement recommandé que l’ensemble des commissions fédérales se réorganise et répartisse leur travail pour les 4 mois à venir autour des travaux liés à la rénovation.
Sur la base de la note de cadrage adressée par chaque commission, de la synthèse des forums thématiques, des réflexions conduites par le CESC sur des thématiques précises et des travaux réalisés dans le cadre du projet qui seront disponibles sur le site Internet du Parti, les fédérations devront organiser un débat général sur au moins un des sujets donnant lieu à l’organisation d’un forum national (Nation et/ou marché et/ou individu), ouvert à tous les militants.
Elles pourront inviter à participer à ces réunions des syndicalistes, des universitaires et des représentant(e)s du monde associatif. Des membres des différentes commissions nationales pourront se rendre disponibles pour participer dans les fédérations à ces réunions. L’organisation de ces réunions pourra être conçue de manière fédérale ou régionale.
En outre, dans le même temps et pour susciter le plus large intérêt autour de nos débats, chaque fédération devra organiser sur le plus grand nombre de sujets possibles, en étroite collaboration avec les sections, des « cafés débat ou des rencontres débat de la rénovation». Pour initier ces réunions, les fédérations devront faire appel à un grand témoin (personnalité locale ou nationale) et/ou utiliser les CD d’enregistrement des forums thématiques.
Ces réunions auront pour objectif d’associer à nos réflexions, au-delà des adhérents, un public large et divers dans le souci de favoriser l’enrichissement de notre réflexion collective.
2.         RESTITUTION DES DEBATS
Afin d’enrichir les travaux des commissions et de préparer le plus efficacement possible les forums nationaux des 24 novembre, 15 décembre et 20 janvier, les fédérations devront au fur et à mesure faire remonter au secteur fédérations via ROSAM les comptes-rendus synthétiques des réunions qui auront été organisées dans le cadre du processus de la rénovation initié au niveau départemental et/ou régional.
Sur le plan technique, un onglet (« Compte rendu des réunions de la rénovation ») sera introduit dans le menu « fédérations » de ROSAM te permettant de saisir le compte-rendu de chacune des réunions selon le thème de la réunion.
Le secteur fédérations se chargera d’organiser la transmission à chaque commission des travaux réalisés par les fédérations.
Par ailleurs, un groupe de travail concernant les Assises de la gauche et la rénovation du Parti sera mis en place, sous la responsabilité de François REBSAMEN, pour préparer des propositions globales qui alimenteront les réflexions de la Commission nationale de rénovation qui sera installée le 20 janvier 2008, sous la présidence du Premier secrétaire.
Enfin, chacun des trois grands forums nationaux sera précédé d’un séminaire du Bureau national qui se déroulera le mercredi précédant la manifestation publique : le mercredi 21 novembre, le mercredi 12 décembre 2007 et le mercredi 16 janvier 2008.
Cher(e) Camarade, le travail de rénovation qui s’engage avec vous au sein du Parti Socialiste est essentiel pour tirer toutes les leçons des élections de 2007 et préparer, dans l’unité, l’avenir de la Gauche et du PS. La démarche que nous engageons suppose de s’ouvrir à la société et d’apporter des réponses aux sujets les plus difficiles. Le processus initié peut et doit nous permettre de concilier ces deux priorités pour que nous soyons en capacité d’enclencher la dynamique susceptible de nous conduire à nouveau vers de nouvelles victoires.
 Reçois, Cher(e) Camarade, l’assurance de nos sincères amitiés socialistes.
François HOLLANDE
Premier Secrétaire
 
 
François REBSAMEN                              Kader ARIF                               Alain BERGOUNIOUX                 
Secrétaire national                               Secrétaire national                   Secrétaire national
            à la Coordination                                  aux Fédérations                        aux Études                                          
 
Anne HIDALGO                                   Jean-Jacques URVOAS               André VALLINI
Présidente de la                                 Président de la commission       Président de la
Commission                                       « Les socialistes et la            commission « Les
« Les socialistes                                   nation «                       socialistes et l’individu »
et le marché »
Par gps20 - Publié dans : Forums de la rénovation et de la refondation
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 16:10

Durant l'été, nous nous sommes sont retrouvés autour de la volonté de prendre au sérieux la démarche de rénovation. Nous avons produit un texte et ouvert un blog : http://capgps.over-blog.com. L'objectif : ouvrir un espace de discussion, de travail et de reconstruction émancipé des enjeux de personnes, dépassant les écuries. Pour cela, nous appelons à nous rejoindre tou(te)s les camarades persuadé(e)s que, pour entamer un nouveau cycle succédant à celui d?Epinay, il faut nous mettre au clair sur nos idées avant de choisir ceux qui demain devront les incarner. Notre orientation : un grand parti socialiste pour un grand projet progressiste. Chaque contribution est la bienvenue !

Par Charles Fiterman, ancien ministre, Pascal Joseph, délégué national à la coordination, Jean-Paul Char - Publié dans : Forums de la rénovation et de la refondation
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 18:32
Jeudi 5 juillet, nous avions rendez-vous dans le bureau du Premier Secrétaire, François Hollande, pour aborder la période qui s’ouvre et qui sera marquée par les forums de la rénovation et de la refondation du Parti Socialiste.
 
C’est d’abord avec un trait d’ironie que François commence l’entretien : « la rénovation, on nous la demande aujourd’hui au prétexte que l’on ne l’aurait pas faite hier ! Mais, enfin, nous avons passé des mois après le 21 avril 2002 à débattre entre nous, à accumuler explications et analyses. Et à Dijon et au congrès du Mans, j’ai proposé des changements forts : renouvellement d’un tiers de nos instances, parité, diversité et cela a été difficile, on l’a vu au sortir de ces élections législatives, et vous êtes bien placés dans le 20ème pour le savoir ! Et nous avons ouvert grand les portes du PS avec la vague sans précédent des adhésions en 2006 et qui continue en 2007 ».
 
« Ce qui manque le plus, c’est la rénovation des idées. C’est pourquoi, j’attache beaucoup de prix à ce que l’on va faire maintenant. Il faut penser. Il faut penser vraiment et pour cela, il faut dépersonnaliser le débat, y compris en mettant des options ouvertes que le congrès et les militants trancheront. C’est pourquoi, c’est en 2010 que le PS devra aborder la question de la présidentielle et pas avant ».
 
Comme Premier Secrétaire, François Hollande reste donc, jusqu’au prochain congrès, le garant de notre unité, même s’il sent depuis plusieurs mois que l’idée que l’on puisse vivre ensemble n’est pas garantie. La tâche qui est devant doit être collective et sans tabous, c’est l’enjeu du processus des forums de la rénovation et du calendrier proposé aux militants. 
Gps20
Par Pascal Joseph - Publié dans : Forums de la rénovation et de la refondation
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 17:53
Notre camarade Charles Fiterman nous adresse un texte qu'il a produit avec Jack Ralite, c'est bien volontiers que nous le versons à la réflexion collective sur la rénovation et la refondation.
 
La gauche est, au sens précis et pressant de l’expression, au pied du mur. Chacun en convient, la nouvelle défaite qu’elle vient de subir, après celles de 1995 et 2002, appelle une analyse approfondie et des conclusions courageuses et fortes. Car, au-delà des aspects circonstanciels, son échec est un révélateur des problèmes de fond qui se posent depuis bon nombre d’années, et dont différentes circonstances – y compris des victoires comme celles de 1997 ou 2004 – ont conduit à renvoyer le traitement. Faute d’engager cet effort, c’est l’avenir même de la gauche comme force cohérente d’alternative politique qui est en question. L’enjeu est plus vital qu’il ne l’a été depuis de nombreuses décennies.
Parce que nous avons un en-commun que les vicissitudes du temps n’ont pas détruit, tout en ayant été et étant différents, nous voudrions apporter ensemble une contribution à la réflexion d’abord nécessaire pour cerner la nature et l’ampleur de cette refondation.        
Disons-le brutalement : le problème de la gauche et plus précisément, chacun à sa manière, des deux partis – communiste et socialiste- auxquels nous appartenons, c'est la société, le monde d'aujourd'hui. Percées des sciences, nouvelles technologies, nouveaux modes d'organisation de la production, nouveaux produits, explosion des services, concentration urbaine, avec tout ce que cela entraîne de ruptures dans les savoirs, les métiers, les groupements humains, les transmissions entre générations, les comportements individuels ; et puis la mondialisation libérale d'autant plus triomphante que le système qui se voulait porteur de la seule alternative globale connue s'est effondré. Et dans ce paysage bouleversé, des mots (maux) nouveaux ou ressurgis d'un passé lointain : chômage endémique, délocalisation, Dow Jones et CAC 40, effet de serre, paradis fiscaux, réseaux maffieux, traites des nouveaux esclaves jetés sur les trottoirs de nos villes, épuration ethnique, intégrismes.
Arrêtons-là pour poser une simple question : de ces bouleversements survenus depuis vingt à trente ans et porteurs à la fois d'extraordinaires potentialités de développement et de plaies purulentes, de semences et de débris, qu'en ont tiré nos partis en termes neufs de projet, d'objectifs, de structures, de pratiques ? La réponse va presque de soi : peu de choses.
Soyons justes, il y a bien eu quelques leçons tirées par bribe, de façon éparse, des travaux individuels intéressants, des colloques et quelques conventions, mais chacun pour son compte. Il y a bien eu quelques initiatives novatrices dans les années 90 comme " Refondations " ou ensuite les Assises de la transformation sociale. Et puis sont survenues les élections législatives de 1997, en vue desquelles s’est constituée la gauche plurielle qui, ô surprise, a vaincu. Ce dispositif politique a été opératif pendant un temps. Il se fondait sur un principe de réalité : la gauche est diverse et cette diversité peut même être source de richesse. A une condition toutefois, qu'elle soit mise au service d'un projet commun. La gauche plurielle a été efficace, non pas surtout parce qu'elle était diverse – elle l'avait été jadis bien plus encore – mais parce qu'elle était réunie. Il aurait fallu s'employer à élargir et à consolider la base politique de l'union. Faute de le faire, voire de vouloir le faire, il s'est produit un renversement de logique : au fil du temps et des épreuves, l'affirmation de l'identité a pris le pas sur le souci de l'unité. On sait ce qu’il en est advenu un certain 21 avril. Il y a eu au Parti socialiste le souci d’éviter les déchirures après le drame survenu, la recherche méritoire et légitime du rassemblement apparemment confortée par les succès de 2004, mais aussitôt bousculée par la bataille politique autour du projet de Constitution européenne. Du coup, la question centrale, celle du projet politique, a été délaissée. Quant au Parti communiste, une fois de plus, il a oscillé entre une ouverture constructive qui ne pouvait produire d’emblée des résultats électoraux et, la page vite refermée, la rechute dans les vieux réflexes stérilisants.
Enfin, la campagne électorale qui vient de s’achever a vu s’ouvrir ou s’affirmer des pistes de renouvellement. Mais il a fallu faire vite, dans une configuration imprévue, en se heurtant au poids des habitudes, des positions et du discours installés. L’effort a laissé des acquis appréciables, des reconquêtes intéressantes, il a connu aussi comme cela était inévitable, des limites. La droite a su en tirer profit, en renouvelant son discours, ses méthodes. C’est à une sorte de « révolution conservatrice » à laquelle nous assistons. Mais l’usage berlusconien des médias ne changera pas les réalités auxquelles le nouvel hôte de l’Elysée va se heurter dans sa tentative de « normalisation » du pays à l’aune américaine. En fait, ce qui sera décisif pour l’avenir de la gauche, c’est sa capacité à renouveler ses objectifs, ses méthodes d’action, ses structures et ses modes de fonctionnement. C’est bien une véritable refondation qui est à l’ordre du jour. Elle doit permettre à la gauche de faire vivre les diverses sensibilités qui la composent tout en assurant leur entente durable, de s’ouvrir sur la société en mouvement et d’abord sur le monde du travail et de la création, de porter un projet politique ambitieux, conjuguant liberté et solidarité, effort et justice, un socialisme du XXI ème siècle.
Quels chemins emprunter pour avancer ? Dans quelles directions ? Deux champs de travail s’offrent : celui des idées, celui des structures et des personnes. Commençons par les idées car, n’en doutons pas, elles mènent encore le monde.
La tâche est d’établir un socle solide d’idées et d’objectifs fédérateurs. Partir pour cela des problèmes concrets et des attentes de la société est impératif, mais pas suffisant. Il s'agit d'en dégager les axes d'une politique cohérente, fondée sur l'intérêt général, porteuse des valeurs humaines auxquelles la gauche s'identifie, des valeurs permanentes mais qui peuvent avoir besoin d’équilibres, d’éclairages nouveaux. Car sans vision et sans idées directrices, le discours sur la proximité n'est qu'un paravent, un substitut au vide de la pensée, il s'épuise vite. Pour redonner confiance dans la politique, surtout dans un pays comme la France, elle doit porter une grande ambition, appuyée sur des choix pertinents et clairs.
 Par exemple, nous disons qu’il faut « travailler tous et travailler mieux ».Cela n'implique-t-il pas de tourner réellement et résolument tous les moyens disponibles vers la création d'emplois, de rechercher une meilleure efficacité dans la mise en oeuvre de ces moyens, à la fois du côté des entreprises et du côté des salariés grâce à un suivi personnalisé encourageant l’initiative et la prise de responsabilité de chacun ? Cela ne suppose-t-il pas une politique audacieuse d'éducation et de formation tout au long de la vie, une sécurisation des parcours professionnels permettant une pleine prise en compte de la vie des salariés dans les fluctuations de l’économie moderne ? Cela ne suppose-t-il pas de redonner goût et sens au travail, en soutenant l'augmentation des salaires malmenés par l'offensive libérale depuis quinze ans, en mettant en cause des méthodes de management qui isolent le travailleur, le culpabilisent, le contraignent à une mobilisation sans cesse plus poussée de tout son être jusqu’à l’épuisement, en reconnaissant de nouveaux droits aux travailleurs sur tous les aspects de leur vie dans l’entreprise ? Cela ne commande-t-il pas de donner la primauté aux stratégies industrielles sur les stratégies strictement financières aujourd'hui dominantes ? En bref, cela ne suppose-t-il pas de faire réellement de la possibilité d'accès à l'emploi pour chacun, sans discrimination, et de la revalorisation du travail des objectifs prioritaires en reconnaissant que le travail demeure – quels qu'en soient la forme et le statut – le créateur des ressources et des services indispensables à la vie d'une société, le premier producteur de lien social, une condition du développement de l'individu ?
Naturellement, une telle démarche ne peut être aujourd'hui efficace qu'en portant le débat et l'action à l'échelle européenne et mondiale. La tâche est rude. Mais qu'au moins, chacun comprenne ce qui se passe et sache ce que nous voulons. Nous nous prononçons pour une mondialisation maîtrisée, un développement économique durable intégrant les impératifs sociaux et environnementaux. Mais que proposons-nous précisément et clairement pour répondre à ces millions de salariés et à leurs familles qui vivent dans l'inquiétude ou l'angoisse devant la menace de perte brutale de l'emploi sous l'effet des restructurations et autres délocalisations ? Quelles propositions fortes face aux dérèglements des marchés financiers, face aux turpitudes de ces chefs d'entreprise qui gagnent d'autant plus d'argent que leur entreprise va mal et se fabriquent des "parachutes" en or massif ? Quels pouvoirs nouveaux reconnaître aux salariés ? Si nous refusons la logique aveugle et ravageuse de la déréglementation sauvage sans retomber dans l'économie étatisée, comment   conjuguer maîtrise publique, régulation et marché dans une démocratie citoyenne renouvelée et élargie ? Quelles missions de service public à notre époque et quelles structures diversifiées pour les assumer, avec quel rôle pour l'Etat, dans un cadre qui sera nécessairement européen, et demain mondial ?
L’époque actuelle est marquée par l’affirmation du besoin d’autonomie et de liberté de l’individu. Les forces conservatrices s’attachent à faire dériver cette aspiration vers un individualisme borné, vers le chacun pour soi. Mais cette émergence forte de l’individu peut être synonyme d’avancée de la libération humaine. Une partie de la gauche a du mal à le penser car elle est inscrite dans une vision qui faisait tout passer par le collectif. Il ne s’agit nullement de renoncer à la solidarité, à l’action collective. Mais ne faut-il pas rechercher un nouvel équilibre entre cette solidarité et l’initiative individuelle qui permette une fertilisation réciproque, un socialisme de la liberté ?
 Nous voulons favoriser la création artistique, ses audaces, sa diversité et son partage par chacune, chacun. Cette rencontre implique la mise en place d’une véritable éducation artistique à l’école et d’un soutien aux expressions culturelles pluralistes du citoyen. Elle implique aussi et surtout le refus net de l’omnipotence de l’esprit des affaires sur les affaires de l’esprit. La mutilation des œuvres qui en résulte est menacée d’extension par la récente volonté du pouvoir des financiers et des publicistes de « traiter économiquement le capital humain » jusqu’à identifier à des « marques » valorisables des équipements culturels et à louer ou vendre les œuvres du patrimoine. Ce transfert des actifs immatériels du secteur public vers le marché met gravement en péril l’exception culturelle elle-même. La réplique est une urgence sous la forme d’une responsabilité publique et sociale en matière de culture et d’art valable du local au mondial via l’Europe garantissant de nouveaux droits fondamentaux et de nouveaux « biens communs » de l’humanité habités y compris quand sont concernées les nouvelles technologies par la liberté, la solidarité, la mutualisation, la diversité, l’émancipation humaine.
Il faut pour l'essor de cette société réconciliée une vie politique rénovée, des institutions réellement démocratiques et modernes. La Ve République a permis quatorze ans de présidence de gauche et trente cinq ans de présidence de droite, qui vont vers les quarante ! Ne faut-il pas dire enfin clairement qu'un tel système fondé sur une prééminence présidentielle de caractère quasi monarchique a fait son temps et proposer un nouvel équilibre des pouvoirs avec un seul chef de l’exécutif, en l’occurrence le Premier Ministre appuyé sur un Parlement aux pouvoirs renforcés, et un Président de la République, élu au suffrage universel, et disposant de prérogatives importantes, sans présider le Conseil des ministres et sans procéder à toutes les nominations    ?  
Nous ne prétendons naturellement pas définir seuls des orientations et des choix qui appellent un débat collectif large et approfondi. Que chaque parti le conduise pour son compte, c’est légitime. La démocratie, celle d’aujourd’hui et celle plus large et plus vivante qu’il faut préparer pour demain, ne peuvent se passer de partis politiques producteurs d’idées et d’initiatives, rassembleurs de forces en mouvement. Mais le problème posé ne concerne pas une seule des formations de gauche mais toutes. Il ne concerne pas les seuls membres de ces formations mais un nombre considérable de femmes et d’hommes, de jeunes qui s’en tiennent écartés mais ne s’interrogent et réfléchissent pas moins. Il concerne aussi, dans le respect de leurs spécificités, les syndicats et les multiples associations qui animent la vie démocratique du pays. Il faut donc trouver les lieux et les formes qui permettent de dépasser les frontières de chaque formation pour accomplir un travail sérieux, suivi, qui débouche dans des délais raisonnables sur des résultats concrets. Ce travail ne peut se réduire à aller un pas plus à gauche ou un pas plus à droite, mais vers l’avant. Il peut aboutir à une condition : qu’il soit animé par la volonté politique de sortir enfin des sentiers battus couverts d’ornières pour construire une nouvelle alliance pour un nouveau combat.
Car la démarche doit se poser à la fois en termes de production d’idées et de structures, de cadres nouveaux.
Deux voies possibles sont évoquées ici et là. Celle de l’évolution du Parti socialiste vers une « social-démocratie à l’européenne » impliquant la recherche d’une alliance avec le centre. Celle de la constitution d’un « pôle radical anti-libéral » englobant tout ce qui se situe «à la gauche » du Parti socialiste, voire une partie de celui-ci. Ainsi posées, ces deux démarches ne nous apparaissent pas souhaitables. Car elles aboutiraient l’une et l’autre à diviser profondément et durablement la gauche, à l’affaiblir voire à la désagréger, en lui interdisant de proposer une alternative crédible et identifiée.
C’est à toutes celles et tous ceux qui veulent transformer la société dans la liberté pour chacun et la démocratie pour tous qu’il convient de s’adresser. Au-delà de toutes les différences, n’y a-t-il pas là un socle commun qui autorise de dépasser tous les clivages anciens ou plus récents ? Il convient de s’adresser à toutes les formations de gauche qui se veulent porteuses de cette même démarche. On peut vouloir les réunir un jour dans une même formation politique, à la condition que cela ne soit pas synonyme de fusion dans un parti fonctionnant comme ceux d’aujourd’hui, mais dans un autre type d’organisation adapté au monde moderne. Il y faut un peu de temps. Sans attendre, il doit être possible parce que c’est nécessaire de rapprocher les partis et groupes concernés, de les associer dans une structure fédérale aux formes souples qui laissent à chacun sa liberté d’expression et d’initiative tout en mettant en place un certain nombre de solidarités, par exemple  -c’est à débattre - celle de se présenter ensemble aux échéances électorales en veillant à une représentation équitable de toutes les sensibilités. Il s’agit de sortir des logiques de survie étroitement partisanes ou d’appareils, de permettre des expérimentations dans l’action, de fonder un nouveau pacte politique pour la liberté, la justice, le progrès humain. Certains proposent, dans cette démarche, de s’adresser à d’autres forces, au centre de l’échiquier politique. Sortir le pays de la crise qui l’atteint et qui ne va certes pas s’estomper avec le pouvoir actuel peut le commander. Mais cette ouverture sera efficace si la gauche sait être elle-même ; c’est à cela qu’il faut d’abord travailler.
Le choix de la ou des personnes qui seront chargées d’incarner cette nouvelle gauche lors des futures échéances électorales ne peut se faire que dans le mouvement lui-même, par une consultation la plus large possible des hommes et des femmes concerné-e-s. Il s’imposera naturellement sur la base de la légitimité acquise et du travail accompli. C’est la novation collective réalisée qui donnera l’élan nécessaire et non une désignation cinq ans à l’avance qui serait d’autant moins comprise par le pays qu’elle donnerait la priorité au choc des ambitions sur le débat d’idées. Au demeurant, si la gauche a le courage d’aller au bout de sa démarche sur la réforme des institutions, comme nous le proposons, la donne en sera changée.
Voilà ce que nous espérons et proposons : une Gauche fédérée porteuse d’un projet politique d’avenir pour la France. C’est un choix lourd. Mais en existe-t-il d’autre qui vaille ? Changer pour se retrouver ou dépérir, voilà l’alternative. La mode est au principe de précaution. Là c’est plutôt le principe d’audace qu’il faut faire prévaloir. Nous faisons le pari de l’optimisme.
Charles FITERMAN                                  Jack RALITE
                 Ancien Ministre                               Sénateur de la Seine Saint-Denis,   
                                                                      Ancien Ministre, Membre du Parti communiste      
                 Membre du Parti socialiste                     
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 16:48
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 15:58
Chers camarades,
Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont, certes honorables, mais lourdes de conséquences. La droite détient désormais tous les pouvoirs nationaux pour cinq ans. Et si le Parti socialiste progresse en voix, on l’a vu pour le premier tour de l’élection présidentielle, en sièges, on le voit au second tour des élections législatives, il est renvoyé pour la seconde fois de suite dans l’opposition. La droite va utiliser sa victoire jusqu’au bout pour mener sans complexes une politique de déconstruction : déconstruction d’abord institutionnelle avec l’hyper présidence de Nicolas Sarkozy et la fin de la dualité de l’exécutif. De fait, mais je ne vous annonce rien, il n’y a déjà plus de Premier ministre. Et s’il y a un gouvernement de Nicolas Sarkozy, je ne sais pas s’il y a encore des ministres. Il fait tout, décide de tout, commande tout, capte tout.
Face à un tel adversaire, à une telle entreprise, à de telles menaces, et aussi face à nos propres résultats, nous sommes confrontés à une double exigence. La première, elle est toute simple, elle vaut pour les cinq ans qui viennent : être une opposition ferme et utile, et les sujets ne manquent pas, et notamment là, pour les semaines qui viennent le paquet fiscal, sans doute la TVA sociale et la réforme des universités, et combien d’autres textes qui seront débattus rapidement dans l’été.
Mais la deuxième exigence, elle est plus forte encore, c’est celle d’engager une véritable rénovation de notre pensée, de notre stratégie, de nos méthodes. Certes, nous le disons toujours, aussi bien après les défaites que les victoires, certes nous l’avons engagée pour une part, mais insuffisamment. Tout doit donc partir d’une analyse, celle des résultats électoraux, celle de la défaite, et une analyse qui vaut mieux qu’en procès en responsabilité, mais qui ne doit rien occulter de nos faiblesses et ne pas exonérer nos propres décisions.
Je considère donc qu’il faut tirer toutes les conclusions de la séquence, et j’assume pour ma part toutes mes responsabilités et les choix que j’ai eu à faire à chaque étape depuis 2002. Dans bien des domaines, et je l’affirme ici, le Parti socialiste a progressé, mais il se trouve qu’il n’a pas gagné au moment où il était le plus attendu. J’en prends donc ma part.
Ce n’est pas l’insuffisance de débats, comme je l’entends souvent, qui nous a handicapés, pas davantage le manque de votes militants qui nous a gênés, et il y en eu beaucoup, mais le fait que toutes nos procédures, tous nos débats ont porté davantage sur les personnes, les enjeux du pouvoir, et c’est bien légitime dans une organisation politique que sur le terrain des seules idées, d’où le défaut d’une confrontation assumée qu’il faut avoir et d’un travail collectif respecté.
C’est pourquoi l’échec que nous venons de subir nous concerne tous à des niveaux différents, j’en conviens. Mais chacun doit avoir la lucidité de tout regarder. Ce qui fait notre force, car elle est grande, quand même, notre capacité à vivre ensemble malgré tout, à lancer des idées, à porter des affirmations, à être au rendez-vous, même encore insuffisamment, de la parité, du renouvellement, très loin pour la diversité.
Le courage, c’est de comprendre et d’appréhender les problèmes tels qu’ils sont, à l’échelle du monde, à l’échelle de l'Europe, y compris avec ce qui s’est passé cette nuit et qui finalement traduit une Europe a minima et l’abandon d’un grand projet collectif, même s’il faut sans doute sortir l'Europe de son impasse et de son marasme. Nous aurons à y revenir, sans rien occulter là aussi de ce qui serait notre responsabilité. Mais il faut se mettre devant les problèmes tels qu’ils sont aussi du pays, même ceux qui nous appellent, là, à faire des choix, et des choix difficiles.
Et puis, il faut le faire en vérité, c’est-à-dire, savoir sur les thèmes essentiels, les propositions essentielles, ce qui nous rassemble, et pour beaucoup nous nous retrouvons dans les réponses à faire, mais aussi ce qui nous distingue, ce qui nous sépare sur des options, et il faut maintenant aller beaucoup plus loin dans la mise au clair de ces options.
Voilà pourquoi je vous propose de commencer ce processus dès à présent, là, au mois de septembre, et puis de le clore bien sûr avec des conventions et puis, le moment venu, après les élections municipales, le congrès.
Quels sont les objectifs ? J’en vois trois. Il faut d’abord aller le plus loin possible dans la redéfinition de nos orientations et ouvrir tous les choix sur les questions les plus décisives pour les Français : travail, pouvoir d'achat, retraite, sécurité.
Deuxième objectif : il faut rénover les procédures, l’organisation, et faire en sorte que notre démocratie, notre liberté de parole, qui sont quand même nos biens les plus précieux, puissent, non pas nous abîmer, mais nous enrichir collectivement. Nous devons donc améliorer nos règles de délibération et donner de la force à ce que nous représentons, la vision de la société et nos positions communes.
Et puis, le troisième objectif, c’est qu’il faut tracer les nouvelles frontières de la gauche capable de construire un rassemblement majoritaire. Ce processus doit impliquer directement les militants et permettre des décisions acceptées à l’occasion de notre prochain congrès en tranchant sur les options.
Le calendrier, ensuite, je vous propose que dès l’université d’été de La Rochelle, 31 août 2007, nous ouvrions la phase de diagnostic. Ensuite, à partir du mois de septembre, je propose trois conventions, trois forums : d’abord, le socialisme dans la mondialisation, cette question nous est posée, nous y avons d’ailleurs répondu et, quand j’entends qu’il faudrait faire notre aggiornamento sur le marché, mais cela a été fait depuis longtemps, et sans doute depuis le début des années 80, mais en même temps, la mondialisation, elle change de visage, son intensité est plus grande encore, les menaces qui sont sur nous plus fortes, donc, dès lors, voyons comment produire davantage de richesses et d’emplois dans ce contexte, voyons quelle politique économique nous pouvons mener pour renforcer compétitivité, croissance, mais aussi emplois. Quel rôle nous assignons à l'État ? Quelle place pour l’impôt et la redistribution ? Je suis frappé d’ailleurs de voir combien la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, et encore aujourd’hui son action est fondée essentiellement sur une stratégie fiscale. Et nous, il nous en faut une aussi, et je suis prêt d’ailleurs en à débattre autant qu’il le faudra.
Également socialisme dans la mondialisation pour savoir quelle place nous accordons à l’impératif écologique et à rôle de l'Europe. C’est la première convention, le premier forum.
Deuxième, c’est l’avenir de la solidarité. Dans une société, c’est vrai, plus individualisée, un monde du travail plus fragmenté, mais qui subit, hélas, les mêmes conditions de précarité et une espérance de vie plus longue pour la population. Dès lors, il faut répondre : quelles relations du travail ? Quelle protection sociale ? Quelle solidarité urbaine ? Quel aménagement du territoire ?
Et puis le troisième sujet, c’est la citoyenneté dans la nation. Comment assurer finalement la reconnaissance, la promotion de chacun dans les valeurs collectives ? Comment lutter contre les discriminations autrement que par le verbe ? Comment assurer la sécurité sans craindre, là encore, de faire des réponses appropriées, de respect des règles et l’autorité de l'État ? Et puis, bien sûr, la question de l’immigration.
Voilà ce que je propose pour le débat de fond. Ensuite, il y a tout ce qui a trait à nos procédures, à notre organisation, une commission de la rénovation sera mise en place pour aller, là aussi, jusqu’au bout de toutes les propositions. Et nous ferons en sorte que, dans cette recherche, nous portions les objectifs de parité, de diversité et de renouvellement.
Enfin, des Assises de la gauche seront lancées, au terme de notre processus, avec les formations politiques, les acteurs sociaux qui veulent réfléchir avec nous à la structure capable de nous faire travailler ensemble sur la législature, aussi bien par rapport à ce que doit être notre position que par rapport à ce que doit être la préparation des prochaines échéances.
Sur la méthode, enfin, la réflexion doit être menée de manière ouverte et participative. Ouverte, je suis pour que nous discutions, à partir du travail qui sera lancé par nos propres responsables, sur la base du renouvellement et de l'expérience, avec toutes les forces, intellectuelles, syndicats, associations, et aussi la confrontation avec les socialistes européens. Il faut chercher des réponses par des remises en cause fortes et aller jusqu’au bout des propositions nouvelles ; démocratique et participative, parce qu’il faudra associer à toutes les étapes les adhérents du parti, et aussi en accueillir de nouveau, c’est notre rôle d’être une grande formation politique et nous devrons conclure nos travaux par des conventions qui acteront toutes les convergences possibles et marquerons les choix alternatifs.
Le congrès du Parti socialiste se tiendra donc au terme de ce processus au lendemain des élections municipales. Il aura à définir, comme tout congrès ordinaire, la ligne, la stratégie, le leadership, mais il sera extraordinaire, d’un certain point de vue, car il reprendra toutes les conclusions de nos débats.
Voilà ce que je voulais proposer au Conseil national : un processus, des objectifs, un calendrier, une méthode.
Chers camarades, je vous le dis franchement, nous sommes devant une obligation, celle de changer. Changer de logiciel peut-être, changer de logique sûrement, mettre les idées avant les personnes, éviter les surenchères, les faux consensus, bref, choisir, mais en préservant, en préservant, et j’insiste là-dessus, non pas par une rhétorique commode, mais parce que je pense que c’est une garantie pour la suite de notre vie commune, oui il faut préserver l’unité des socialistes. Elle n’est jamais facile et encore ces derniers jours et ces dernières semaines. Je vous demande, et je le fais ici, non pas solennellement, je le fais fraternellement parce que nous sommes le Parti socialiste et que nous sommes, non pas simplement garant de notre propre mode de vie, de nos propres intérêts collectifs ou personnels, nous sommes garants d’une espérance qui va au-delà de nous. Et quand les gens nous regardent, ils ne nous regardent pas simplement comme une organisation politique, ils nous regardent pour la formation politique qui peut demain, non seulement les représenter dans l’opposition d’aujourd’hui, mais aussi leur permettre d’avoir un changement à l’échelle du pays.
Eh bien, ce premier changement commence surtout par un nouvel état d’esprit. Avant toute chose nous devons nous respecter, respecter les personnes, respecter le Parti, respecter ses décisions, respecter les militants, ces hommes et ces femmes dévouées, et on l’a encore vu tout au long de ces derniers mois, dans nos réunions, dans nos rassemblements, localement, là où la gauche est forte, mais aussi là où la situation politique est la plus difficile, portent nos idées, nos espoirs et les convictions qui nous animent. Il n’y aura pas demain de victoire possible sans un grand, et je l’ai toujours affirmé, un grand Parti socialiste trouvant un espace large. Il doit donc s’ouvrir, il doit porter surtout des valeurs, des propositions susceptibles de structurer le débat et de faire pleinement de la politique, c’est-à-dire de l’idéologie.
Ce n’est pas un calendrier que je vous propose, c’est un processus qui s’engage, dont le contenu permettra d’être au rendez-vous, je l’espère, de 2012. Je pense que nous sommes forcément, après des défaites, mais aussi après des rebonds, conscients de nos responsabilités, de nos enjeux. Nous avons tous nos préférences, nous avons nos sensibilités, et nous avons aussi nos attachements.
Je vous demande aujourd’hui de ne regarder que l’intérêt général, pas l’intérêt seulement du Parti socialiste, l’intérêt général du pays qui appelle, non pas simplement une opposition forte, qui appelle déjà la mise en œuvre d’une stratégie d’alternative, et cette démarche-là que je vous demande d’adopter, merci.
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Bonjour ! Elue députée de la 21ème circonscription, vice-présidente du groupe socialiste, chargée de l'immigration et du co-développement, je souhaite associer les militants socialistes et au-delà les citoyens du 20ème à mon action parlementaire. Pour participer, donner ton point de vue, suivre l'activité parlementaire : rendez-vous sur mon blog, http://www.georgepau-langevin.com . A bientôt, George Pau-Langevin

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