Equité dans la bataille municipale: "Pour la représentation politique de la diversité : il est temps de passer des intentions aux actes"

Publié le par Hamidou SAMAKE

La grande rentrée politique d'Equité s'est faite cette semaine. Outre les retrouvailles, moment toujours agréable et sympathique, le menu proposé se résumait à un seul point, actualité oblige: la préparation des élections municipales de mars 2008.
L'élection municipale est par essence l'une des expressions les plus directes et perceptibles de la démocratie. Elle consiste à élire celles et ceux qui vont conduire à l'échelon local la politique municipale au nom et pour le compte des citoyens.
Pour nous socialistes, toute élection dans un système démocratique a, a minima, un but permanent: traduire dans la réalité le projet de transformation et d'amélioration de la société dans laquelle nous vivons.
Les problèmes généraux du pays sont vécus dans toutes les communes, avec certes des spécificités locales. Sans faire un catalogue, toujours peu exhaustif, il est utile et nécessaire tout de même de faire des rappels. D'abord quelques indicateurs macroéconomiques.
Avec une croissance au ralenti l'économie n'est pas dynamique: en moyenne 2 % sur les dernières années. La dette du pays explose: 64 % du P.I.B (Produit Intérieur Brut). C'est un signe de mauvaise gestion du pays et c'est surtout injuste et indécent pour les générations à venir. Le chômage de masse est devenu endémique. Il concerne près de 10 % de la population active, avec une sur représentation de certaines catégories parmi lesquelles, les femmes, les jeunes et les seniors.
Le déficit de la sécurité sociale, abyssal, est devenu chronique. Mais il est surtout révélateur de la façon dont le pays est gouverné. En effet, chacun a pris connaissance des projets et des intentions du gouvernement de droite. Il s'agit de faire payer plus aux assurés sociaux, par le biais des franchises médicales. Le curseur est placé toujours du même côté: ceux qui ont peu doivent toujours payer plus et ceux qui ont plus peuvent gagner plus. Le paquet fiscal est l'illustration parfaite de cette politique injuste qui aggrave les inégalités et conduit à terme l'économie à la faillite et le pays à la crise sociale. Le projet de loi sur l'immigration est quant à lui la manifestation de l'obsession idéologique et de l'obstination cynique de la droite qui mène une politique de stigmatisation d'une partie de la population du pays indexée comme cause de tous les maux.
Sur un plan plus global, chacun a noté, souvent avec agacement, parfois avec crainte, l'omniprésence présidentielle. La monopolisation de tout l'espace médiatique par le Président de la République prépare une omnipotence qui est, à coup sûr, une dégradation de la démocratie.
En matière institutionnelle et de fonctionnement démocratique, les projets présidentiels sont connus ou commencent à s'afficher par petites touches et à coup de commissions. Les arrières pensées des projets présidentiels se résument en l'hyper présidence, et à terme, sans le dire, un glissement progressif vers un de changement de régime.
La vitalité démocratique nécessite un équilibre des pouvoirs et non une concentration entre les mains d'un groupe ou d'un homme.
Tel est le contexte politique dans lequel auront lieu les élections municipales. Le panorama politique ne sera pas complet sans citer la pathologie congénitale de la démocratie de notre pays: il y a un grand déficit de représentation de la société, dans sa composition et sa diversité.
Les résultats électoraux des récentes consultations ne cessent de nous le rappeler avec gravité et surtout avec urgence. Sans être exhaustif encore, deux exemples qui illustrent bien cette anomalie de la démocratie de notre pays.
Le premier exemple est la place quantitative des femmes dans la représentation nationale. C'est en effet une illustration scandaleuse de l'état d'arriération de notre démocratie. Quelques repères concernant la participation des femmes à l'Assemblée nationale. En 1968, les femmes constituaient 3,3 % des candidats pour 1,7 % des élus. En 1981, elles étaient 13 % des candidats pour 5,5 % des élus. En 2002, soit après la loi sur la parité, les femmes représentaient 39 % des candidats pour 12,1 % des élus. Les chiffrent parlent d'eux-mêmes. Il est grand temps d'agir et apporter des correctifs à la hauteur de la situation.
Le deuxième exemple concerne la place des originaires d'Afrique et des DOM. Acteurs de la vie économique, culturelle, politique et associative, électeurs, ils sont pratiquement absents des instances de la représentation nationale. Leur présence numérique au niveau de la représentation nationale a été jusque là anecdotique voire insignifiante. La brillante élection en juin dernier de George Pau Langevin comme députée de la 21è circonscription de Paris, qu'il faut saluer comme exemple, modèle et symbole, est une démonstration. Ce beau résultat électoral démontre en effet que les décideurs de la démocratie (les électeurs) sont moins frileux et plus audacieux que les prescripteurs (les partis politiques).
La vitalité démocratique implique la participation à part entière de toute la société. Elle ne sera effective et pérenne qu'avec une vraie équité dans la représentation politique de la société.
C'est le sens du combat que mène le mouvement Equité, au sein du Parti Socialiste.
De façon permanente mais aussi à l'occasion de chaque échéance électorale, Equité entend défendre partout la politique du parti contre la droite et combattre partout pour que la diversité républicaine puisse se traduire aussi dans la représentation politique, c'est-à-dire, au niveau des élus.
Pour les prochaines municipales de 2008, le mouvement Equité soutient et soutiendra des candidats de la diversité dans cette perspective. Il est temps de dire haut et fort: il faut passer des intentions aux actes.
 
Hamidou SAMAKE
Membre fondateur d'Equité, Responsable d'Equité Paris
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Publié dans Opinions et propos

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