Tour dhorizon : le parti socialiste toujours à la croisée des chemins.
En ces moments d’agitation de préparatifs des élections municipales, le parti socialiste a besoin de faire sienne cette pensée « celui qui a oublié son histoire est condamné à pouvoir la revivre ». Notre histoire récente, la défaite à l’élection présidentielle devrait nous permettre de tirer des enseignements efficaces pour le renouveau de notre parti. Mais le spectacle ambiant reste quelque peu affligeant :- Des règlements de compte houleux.
S’il est naturel que la défaite soit orpheline et la victoire enfant de tous, il est insoutenable que certains camarades, dirigeants ou ex-dirigeants du parti continuent dans leurs pamphlets acerbes à stigmatiser notre candidate à la dernière élection présidentielle comme si elle devait porter toute les tares de notre inefficacité. Sachons retrouver notre sérénité pour poser les vrais problèmes qui sont entre autre de redonner une âme humaniste au parti socialiste et rendons aux autres la magnanimité dont ils ont fait preuve envers nous. Beaucoup de militants comme moi avaient trouvé injuste la défaite de 2002 et ont pardonné plus tard le fait que notre candidat de l’époque ait jeté l’éponge au moment où on avait besoin de lui pour faire le bilan. Il doit en être de même cette fois-ci. Ne laissons pas la proie pour son ombre.
- Du débauchage de compétences au parti socialiste.
Si l’ambition mesurée reste le moteur de la réussite, l’ambition personnelle débordante peut être un poison pour le progrès d’une organisation. C’est une bonne chose que de vouloir servir son pays quand le besoin s’en ressent et c’est même louable de le faire à des postes de responsabilité. Mais un chef a-t-il la possibilité de diluer ses engagements, ses convictions sans dérouter ses troupes ? L’idéal social est-il compatible avec la politique de droite au nom d’un oecuménisme naïf ?la question mérite d’être posée.
Peut on vouloir le bonheur du plus grand nombre en allant servir une institution qui a pour but de servir les intérêts d’un petit groupe de privilégiés sans trahir l’essence de ses convictions ? Il est inévitable qu’un transfuge soit plus royaliste que le roi pour mériter la confiance du suzerain. Certaines dernières déclarations de « va-t-en guerre » sont là pour nous le rappeler. Où est le socialisme dans tous cela ? La nuance m’échappe. Je vous propose une réflexion à ce propos.
- Du respect de nos choix.
Ces dernières années, nous avons assisté, que ce soit au niveau national ou au niveau local à des reniements des résultats sortis de vote interne. Cela a été le cas pour le referendum à propos du projet de constitution européenne ainsi qu’au choix de la candidate à l’élection présidentielle. L’une des bases de la démocratie apaisée est le respect du résultat des urnes quand ses résultats sont conformes aux choix du plus grand nombre dans le respect des valeurs humanistes et républicaines. Comment pouvons-nous convaincre les autres si nous-mêmes ne sommes pas capables de nous rassembler derrière nos candidats, nos idéaux, nos principes ? Chaque courant parle de rassemblement mais uniquement derrière les ambitions personnelles de son leader. J’en viens à me demander si trop de courant ne tue pas le dialogue démocratique au parti socialiste. Sachons respecter nos décisions collégiales. Tel sera le grand défi qui nous attend à l’orée des prochaines consultations locales et nationales.
- De la constitution des listes pour les élections municipales dans le 20ème .
Une exigence de vigilance doit être la règle par rapport aux grands principes que sont : la parité, la diversité, le renouvellement et le non cumul de mandat. Si le non cumul de mandat tend à rentrer plus facilement et de plus en plus dans les esprits, la parité, la diversité et le renouvellement sont de plus en plus difficiles à mettre en place. L’élection de la seule députée française de l’hexagone, issue de la diversité, notre camarade George-Paul Langevin ne doit pas être l’arbre qui cache le désert absolu. En outre, nous avons la chance d’avoir au sein de notre section des femmes de talent qui ont exercé avec brio des responsabilités au niveau local et régional. Nous n’aurons pas d’excuse pour ne pas choisir la tête de liste idoine qui fera du parti socialiste le parti de progrès pour le vivre ensemble dans le 20ème et l’accomplissement du développement socio-économique durable de notre dynamique d’arrondissement. Montesquieu disait que « l’amour de la démocratie, c’est le lieu de l’égalité ».Les principes existent. C’est le devoir de chaque camarade socialiste de veiller à leur application pour le triomphe de l’idéal socialiste : une France plus juste, riche de ses diversités dynamisantes. A ce propos, je réitère la proposition que j’avais faite comme contribution au projet présidentiel. La création au sein du parti socialiste d’un observatoire de la bonne gouvernance pour veiller au respect de nos grands principes.
« la différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération »James Freeman CLARKE.
Les élus(es) socialistes doivent être des femmes et des hommes d’Etat.
«Mutualisons nos ressemblances au lieu de toujours juxtaposer nos différences ». Salutations et amitiés socialistes.
Sans rancune.
Koffi Adolehoume
GPS20/ Paris
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